Automne 2016 – Semaine 5 : La COP21, 9 mois plus tard

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Si un enthousiasme quasi unanime de la part des médias et des chefs d’Etat a accompagné la clôture de la COP21 en décembre dernier, la mise en place de mesures nationales et la ratification du traité de Paris n’ont toujours pas été effectuées aujourd’hui, à quelques mois de la COP22 à Marrakech.

En effet, la COP21 peut être considérée comme une réussite politique, qui a mis au coeur du débat la responsabilité des pays développés et les solutions concrètes à adopter pour lutter contre le réchauffement climatique. Cependant, l’ancien président de la COP21 Laurent Fabius signait dans Le Monde le 30 août dernier une tribune reconnaissant: “des difficultés majeures […] qu’il serait irresponsable d’occulter.”

En premier lieu, c’est la ratification de l’accord qui semblait en difficulté: pour que celui-ci ait force de loi, au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serres doivent ratifier l’accord par leur gouvernements nationaux. Si jusqu’il y a un mois seulement 23 pays représentant moins de 1,5 % des émissions de gaz à effet de serre étaient prêts, la déclaration conjointe des Etats Unis et de la Chine de ratifier l’accord a vu le processus s’accélérer.  Cette coopération entre les deux géants industriels, qui représentent 38% des émissions de GES, est en effet un signal diplomatique fort en faveur de l’accord de Paris. Selon The Guardian, c’est la première fois que ces deux pays sont les instigateurs de l’avancée des politiques environnementales. Cela permet aussi d’orienter les investisseurs vers le scénario de la ratification effective et imminente de l’accord de Paris.

Selon Wired, 60 pays étaient prêts à signer l’accord le 21 septembre 2016, dont d’importants émetteurs de gaz à effet de serre comme le Brésil, le Mexique, l’Argentine et les EAU. Ainsi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon prévoit la ratification finale de l’accord dans l’année. Dans l’Union Européenne cependant, seule la France et la Hongrie se déclarent prêtes à signer, bien que l’UE soit le troisième plus gros pollueur mondial (Libération).

Le coeur du problème, comme le souligne Libération, réside dans “l’affaiblissement de la dynamique onusienne dans la lutte contre le réchauffement climatique”. Plus précisément, c’est au niveau national que les mesures seront difficiles à mettre en place, notamment à cause des calendriers électoraux, en particulier aux Etats-Unis où le candidat républicain a tenu des propos climatosceptiques. Il s’agit pour beaucoup d’experts de la principale menace à la ratification définitive de l’accord, qui ne peut se passer de la première puissance mondiale pour être légitime.

Une réponse à cette paralysie politique des états peut être trouvée dans le programme de la COP22 qui se tiendra du 7 au 18 novembre à Marrakech. On y retrouve, comme le défend Laurent Fabius dans sa tribune, une capacité d’action importante reconnue aux médias, aux métropoles et aux acteurs privés. Il s’agit de fait de promouvoir des actions de protection de l’environnement plus locales et moins institutionnalisées.

Pour ce qui est de repenser les politiques environnementales, Laurent Fabius défend à terme la mise en place d’un “pacte universel pour l’environnement”, sous la forme d’un traité obligatoire qui constituerait le droit individuel à un environnement sain. Entre judiciarisation de la question environnementale et accroissement des acteurs concernés, les conférences sur le climat restent plus que jamais au coeur de l’actualité internationale et des débats politiques nationaux.

If the closing of the COP21 last December was globally recognized as an historical landmark, the implementation of national measures and the ratification of the agreement hasn’t been done yet, just a few month before the COP 22 in Morocco.

Indeed, COP21 should be considered has a political success, which put in the center of the debate the responsibility of the developed countries and concrete solutions to fight global warming. However, former COP21 president Laurent Fabius admitted in Le Monde on August, 30: “des difficultés majeures […] qu’il serait irresponsable d’occulter.”

First, the ratification of the agreement seemed in bad position: at least 55 countries representing at least 55% of global emissions need to sign up the agreement before it came into force (Wired). In August, only 23 countries (1,5% of global emissions) were ready to sign, but the US and China declaration to ratify the agreement in the coming month made a significant advance. The cooperation of those two big industrial countries, representing 38% of global emissions, is a strong diplomatic signal for the Paris agreement. According to The Guardian,  it’s the premiere that those countries lead environmental decisions at the international level. It also send a strong message to investors and bankers, laying the groundwork for an imminent ratification of the deal.

On September 21, 60 countries were ready to sign the deal (Wired), and among them some large emitters such as Brazil, Mexico, Argentina and UAE. UN secretary general Ban Ki-Moon expect the final ratification of the deal by the end of the year. In EU however ( the third largest polluter) only France and Hungary are ready to sign up.

The core of the issue, as Liberation mention it, take place in “l’affaiblissement de la dynamique onusienne dans la lutte contre le réchauffement climatique”. It’s in fact on the national level that measures are obstructed, in particular during election times, especially in the United States where the Republican candidate are allegedly climate skeptic. It’s for many experts the main threat to the definitive ratification of the deal.

A solution to this political paralysis can be found in the COP 22 program which be held in Marrakech on November 7-18. Following Fabius’ positions, a greater place is accorded to media, metropolis and private actors, in order to promote local solutions apart from institutionalized action.

To go further in environmental policies, Laurent Fabius stand up for the implementation of a “pacte universel pour l’environnement”, a binding nature treaty to protect an individual right to a safe environment. Between judicialization of the environmental question and its extension to new actors, climate conference are more than ever in the center of international news and national debates.

Quelques positions des principaux partis politiques français :

Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise :
«Pour faire face au changement climatique, il faut mener une toute autre politique remettant en cause le productivisme capitaliste, le libre-échange, la financiarisation de l’économie, les inégalités sociales, la main-mise des lobbies et des multinationales sur la politique.»
http://melenchon.fr/2015/12/04/cop21-derriere-la-communication-un-nouveau-desastre/

Yannick Jadot, Europe Ecologie-Les Verts:
« Cet accord universel marque incontestablement une nouvelle gouvernance, mais il est fondé sur du droit mou. C’est donc à nous, société civile, de faire le travail et de mettre la pression pour que l’accord s’applique et que son ambition soit régulièrement rehaussée »
http://idf.eelv.fr/accord-cop21/

François Hollande, Parti Socialiste:
« Je proposerai (…) aux chefs d’État et de gouvernement de soutenir la proposition de la présidente de la COP21, Ségolène Royal, de créer une commission d’experts de haut niveau pour fixer des cibles de prix du carbone mondiales.»
https://www.facebook.com/francoishollande.fr/posts/10154539308532502

Bertrand Pancher, UDI:
« (…) l’une des demandes de l’UDI à l’international est une réglementation carbone, en instaurant un système de bonus-malus international qui permettrait de financer le fonds vert et qui aboutirait, à terme, à une taxation environnementale aux frontières pour les pays les moins vertueux.»
http://ecologie.parti-udi.fr/lenvironnement-une-reelle-ambition-a-ludi-pour-la-cop-21-et-au-dela.html

Alain Juppé, Les Républicains:
« Il nous faudra dès demain aller encore plus loin. Aller plus loin en promouvant une nouvelle croissance dégagée des modèles énergétiques à haute intensité carbone. Aller plus loin en posant les bases d’une tarification internationale du carbone.»
http://www.al1jup.com/en_bref/cop-21-paris-invite-le-monde-a-lespoir/

Nicolas Sarkozy, Les Républicains:
« On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement.»
http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/09/14/25002-20160914ARTFIG00290-les-doutes-de-nicolas-sarkozy-sur-le-rechauffement-climatique.php

Marine Le Pen, Front National:
« Nous savons que l’urgence environnementale continuera à être aggravée par modèle libre-échangiste et européiste. Seul un colbertisme vert favorisant les circuits courts et soutenant les producteurs nationaux permettra de faire face aux défis de ce siècle (…).»
http://www.frontnational.com/2015/09/cop-21-pourquoi-pas-mais-pour-quoi-faire/

 

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