Automne 2016 – Semaine 8 : L’avenir du nucléaire civil

Le nucléaire civil, une des premières sources d’énergie des pays développés, est au carrefour des questions et ambitions politiques, économiques et environnementales de nos sociétés. Or, comme le note le magazine suisse Bilan: “sur le long terme, la part du nucléaire est en recul au niveau mondial dans le mix énergétique.” Les accidents nucléaires survenus à Fukushima et les failles de sécurité dans les centrales françaises ont contribués à lever le débat politique et social de la nécessité de cette source d’électricité pour subvenir aux besoins, toujours croissants, d’énergie. En effet, si une baisse du nucléaire sur le long terme est à noter, il faut aussi prendre en considération les capacités nucléaires de la Chine, qui sont en augmentation. Mais si la Chine développe son parc nucléaire, elle mise plus sur les énergies renouvelables, comme le rappelle Bilan: “la Chine a investi 100 milliards de dollars dans les renouvelables, contre 18 milliards dans le nucléaire.”.

En effet, la production nucléaire rivalise aujourd’hui avec les énergies renouvelables, en plein essor dans les pays occidentaux mais aussi dans les nouvelles puissances économiques. L’éolien et le solaire ont pour avantage d’être très peu cher à produire, et d’avoir un impact environnemental moindre. Face à l’importance croissante des préoccupations environnementales, les lobbies du nucléaire mettent aussi en avant l’intérêt écologique de cette industrie (TheHill). C’est aussi le discours du gouvernement anglais après la validation du projet de construction du site nucléaire de Hinkley Point (TheTelegraph). Si l’énergie sera plus coûteuse pour les consommateurs, elle permettra de réduire l’activité des industries de charbon et de gaz et d’atteindre les objectifs politiques fixés par la COP21.

Cette industrie particulière doit faire face à des coûts fixes très élevés sur le travail, la sécurité et le infrastructures. En France, plus de 75% de l’énergie est produite par le nucléaire, mais le secteur rencontre de plus en plus de difficultés financières. En effet, selon Libération, l’Autorité de sûreté du nucléaire a demandé l’arrêt de 5 nouveaux réacteurs, montant à 22 le nombre de réacteurs à l’arrêt ou partiels, sur les 58 que compte le parc français. Si le gouvernement français soutient Areva (il possède 86% des actions de l’entreprise), de nombreuses voix s’élèvent en faveur d’une sortie du nucléaire, quand d’autres craignent une pénurie d’électricité.

En effet, outre les considération écologiques concernant la gestion des déchets nucléaires, c’est les défaillances dans la sécurité de cette industrie qui est au centre des préoccupations. Une manifestation anglo-française s’est tenue en début du mois d’octobre contre les EPR (une nouvelle technologie qui n’a pas encore montré ses preuves) de Flamanville et de Hinkley Point (Le Quotidien). Les radiations ne s’arrêtant pas aux frontières, cet enjeu élargit le débat à un cadre international, et réveille les contestations populaires.

Les prises de positions des partis politiques français:

Jean-Luc Mélenchon:

“L’absence de volonté et même d’intérêt politique pour la filière des énergies marines est total dans notre pays. Nos entreprises sont parmi les meilleures au monde. Elles pourraient assurer une part significative de l’énergie dont nous avons besoin à partir de sources renouvelables. Mais le laisser-faire gouvernemental a tout gâché. Alstom et Areva s’affrontent dans le secteur.”

Karima Delli, EELV:

“Ce week-end, un grand rassemblement populaire avait lieu à Flamanville pour exiger l’arrêt du nucléaire en France. Le lieu n’a pas été choisi par hasard, et pour cause : le chantier de l’EPR de Flamanville est un des plus grands symboles des dérives du système nucléaire, qu’elles soient d’ordre industriel, financier, ou social. Prises séparément, elles expriment déjà la méfiance que chacun est en droit de ressentir face à cette énergie du siècle dernier, d’autant plus après le drame de Fukushima. Une fois cumulées, elles montrent l’urgence qu’il y a à sortir au plus vite de cette industrie dépassée, maintenue à bout de bras envers et contre notre intérêt bien compris.”

Ségolène Royal, PS:

« La sécurité d’approvisionnement du territoire français en électricité doit être assurée. EDF, premier producteur d’électricité en France, est dépositaire d’une forte responsabilité dans la garantie de cet approvisionnement. »

Positions des Républicains Sciences Po:

“L’Etat doit en fixer les contraintes et laisser émerger les meilleures technologies de production. En particulier, il doit créer les conditions qui permettront à la France de conserver un mix électrique compétitif, de garantir son indépendance énergétique, de respecter ses engagements environnementaux internationaux, et enfin de développer des filières industrielles créatrices d’emplois et rayonnant à l’international.”

 

Front National:

“Loin de la gesticulation cynique autour du symbole gaulliste de l’énergie nucléaire faite par Nicolas Sarkozy, le Collectif Nouvelle Ecologie pense qu’EDF doit redevenir un pur service public assurant la production et la distribution d’une électricité nucléaire à faible prix aux entreprises et aux ménages français et sans émission de CO2.”

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