Automne 2016 – Semaine 10 : L’élevage intensif

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Au centre des questions environnementales, éthiques, sanitaires et économiques actuelles, l’élevage industriel est l’objet de nombreux débats et positions qui s’entrecroisent et s’opposent. L’approche écologiste de l’élevage intensif rappelle tout d’abord l’importance de son impact environnemental à l’échelle planétaire. En effet, d’après un rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation (FAO) et relayé par Le Huffington Post, l’élevage est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre. De plus,  70% des terrains agricoles sont destinés à l’élevage, et la demande croissante de produits animaux est responsable en grande partie du déboisement en Amazonie. Les ressource en eau, en nourriture et en terrains nécessaires à nos modes d’alimentation carnés sont incompatibles avec l’accroissement de la population mondiale et l’accès pour tous à la nourriture. C’est notamment cette idée qui est défendue par l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, qui prédit que le végétarisme deviendra le mode d’alimentation nécessaire à la survie de l’humanité.

La sensibilité de l’opinion publique envers l’élevage industriel s’est accrue après les nombreux scandale sanitaires des dernières décennies. Les récentes vidéos filmés en caméra caché de l’association L214 sur les méthodes des abattoirs français ont eu un retentissement médiatique important, et ont placé cette ces associations comme acteurs à part entière dans les discussions économiques et politiques autour de l’élevage industriel. The New York Times explique aussi la montée de ces mouvements activistes comme ‘chien de garde” pour les droit des consommateurs, tentant de rendre plus transparent cette industrie à l’aide de caméra cachés.

Un récent article du Monde rapporte une vidéo de L214 sur les conditions de vie d’un élevage de 200 000 poules pondeuses. La critique est à la fois sur les conditions sanitaires (présence de poux, d’asticots, de cadavres de poules) et éthiques (promiscuité, absence de sol et de lumière naturel). D’un point de vue judiciaire, l’éleveur s’expose à une peine de six mois de prisons et  7 500 euros d’amende pour “maltraitance animale”, tandis que le non-respect des normes sanitaires peuvent le contraindre à fermer son élevage. Stéphane Le Foll et Ségolène Royal ont tous deux condamnés fermement ces conditions d’élevage, en rappelant la nécessité de “ne pas faire d’amalgame” avec les autres industries de poules pondeuses.

Le pouvoir politique est en effet très lié aux méthodes d’élevage, en particulier en France et aux Etats-Unis. Selon l’article du Huffington Post, c’est après la seconde guerre mondiale et les problèmes de pénurie qu’une action conjointe entre le pouvoir politique, les scientifiques et les industriels a été décidée afin de rendre la viande accessible à tous, notamment à travers la PAC. Aux Etats-Unis, l’ère Reagan a vu l’explosion de la mécanisation du travail et de la demande en fast food, causant une forte industrialisation de l’élevage et un travail conjoint entre pouvoir public et secteur privé, comme le rapporte The New York Times. On retrouve dans l’avis de la commission d’enquête du 22 février 2016 concernant la ferme des mille vaches (Le Monde), dans la Somme, la nécessité de répondre à la demande en produits laitiers dans le département et de faire face, dans un contexte de libéralisme économique, à l’inondation du marché par le lait allemand et danois de très bon marché.

Le débat autour de l’élevage industriel porte ausi sur les conditions de travail des employés. Un militant pour le droit des animaux embauché dans un abattoir aux Etats-Unis fait état de la grande solitude des employés, soumis à un strict contrôle de la confidentialité des méthodes d’abattage (The New York Times). En France, ce sont les défenseurs de la ferme des mille vaches qui ont mis en avant le bien-être des travailleurs face à la pénibilité du métier d’éleveur pour défendre une mécanisation de la traite des vaches (Le Monde). De plus, si 90% des consommateurs sont favorables à l’interdiction des élevages en batterie, il y a une méconnaissance de la différence des prix et des codes d’origine sur les oeufs. Ainsi, l’élevage industriel reste la réponse la plus largement partagée pour répondre à la demande de la population en produits animaux à bas prix.

 

At the center of environmental, ethical, health and economical questions, intensive farming is subject to many conflicting positions. For the ecological matter , intensive farming has a huge environmental impact on the global scale. The UN had published a report, relayed by The Huffington Post, stating that farming is responsible of 18% of the greenhouse gas emissions. Moreover, 70% of agricultural area are reserved for farming, and the growing need of animal products is responsible for deforestation in Amazonia. Water, food and land resources needed to support our meat diet are incompatible with the growth of the world population and the access for everyone to a nutritious diet. Anthropologist Claude Lévi- Strauss, for example, predict vegetarianism as a necessity for the human survival.

Public awareness on intensive farming gets bigger with health scandals of the last decade. Videos from the L214 association on french slaughterhouses had a massive media resonance, and put this form of activism as a major actor in the debate. The New York Times explains the rise of those movements as “watchdogs” for consumers’ rights, fighting for more transparency using hidden cameras.

Le Monde relays a video from L214 on life conditions of 200 000 laying hens in a french farming. Critics concentrate both on health conditions (presence of lice, maggots, hen corps) and ethical matters (promiscuity, absence of natural ground and light). From a judicial point of view, the farmer risks six month of prison and a 7500 euros fine for animal abuse, while non-respect of health standard may oblige him to close his livestock. Stéphane Le Foll and Ségolène Royal both condemned those farming conditions, reminding the necessity to avoid amalgams with the other livestocks.

Politics are indeed closely linked to the farming industry, particularly in France and in the US. According to The Huffington Post, it’s after WWII and issues of food shortage that politics, scientists and industrials join together to make meat accessible for everyone, through PAC policy for instance. In the US, the Reagan area coincide with the labor mechanisation and growth of fast food requests, resulting a industrialisation of livestock and joined action with the public and the private sector (The New York Times). In a february 22 commission enquiry on “la ferme des mille vaches”, it is reminded that the county of la Somme has to supply the high need of dairy product, and to deal with milk importation from germany and denmark, in a context of liberalisation of the economy (Le Monde).

Debate on intensive farming is also about working conditions. A animal rights activist working in a slaughterhouse in the US points the loneliness of the job, submitted to a strict control of the confidentiality of the methods used (The New York Times). In France, proponents of “la ferme des mille vaches” are the ones defending workers well-being. Thanks to the mechanization of the milking cows, the drudgery of the work would be reduced (Le Monde). This article also outlines that, if 90 % of the consumers are in favor of the prohibition of battery farming, a unawareness of prices differences and codes of origins subsistes. Thus, intensive farming is still the most largely shared answer to supply the request for animal products at a lower cost.

 

Les positions des politiques français:

  • Jean-Luc Mélenchon: “Vous devez changer votre régime alimentaire parce qu’on ne peut pas continuer comme nous le faisons dans les pays développés avec cette agriculture qui casse tout. Vous ne pouvez pas continuer avec les protéines carnées qui sont un encouragement aux fermes des 1 000 vaches, avant qu’il y ait les fermes des 10 000 vaches ou les fermes des 100 000 vaches qui se constituent au prix d’un martyr de la population animale qui prépare et endurcit tous les cœurs à l’abomination.”
  • Stéphane Le Foll (PS): La diffusion successive d’images inacceptables dans les abattoirs d’Ales, du Vigan et de Mauléon ont interpellé l’ensemble des acteurs du secteur et les pouvoirs publics, ainsi que les citoyens, et ont renforcé la volonté d’une mobilisation collective. À ce titre, le présent amendement vise donc à renforcer et harmoniser le cadre des sanctions pénales en qualifiant de délit les mauvais traitements exercés sur les animaux en abattoir et dans les entreprises de transport, comme c’est déjà le cas pour les élevages ou les refuges pour animaux. (extrait de l’Exposé de l’amendement)

 

  • François Bayrou (MODEM): “Voilà donc ma première orientation : des contrats de production à prix garantis à l’avance. Il y a une deuxième orientation : il faut des labels de qualité avec un cahier des charges où tout le monde sache ce que l’on a dans l’assiette. Pas seulement l’origine France, mais aussi les méthodes de production, ce que l’on respecte : est-ce que les animaux sont des animaux qui sortent, qui marchent ? Ou est-ce qu’au contraire ce sont des animaux à l’engrais dans des espaces clos ? Cette transparence doit être un moyen de s’en sortir.”
  • Bruno Le Maire (LR): « l’avenir de la France passe par le renforcement de son agriculture et de son industrie agro-alimentaire. Modernisées, structurées, organisées, elles emportent des parts de marché ».

 

 

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