Les start-ups du développement durable

22424345_1655144651192036_1498296129923938818_o.jpgMercredi 25 octobre, Sciences Po Environnement a accueilli dans les locaux du 27 rue Saint Guillaume les fondateurs ou représentants de quatre start-ups (CitizenFarm, Koom, Phenix et Yellogarden) afin de sensibiliser le public aux actions des jeunes entreprises, en faveur des trois piliers du développement durable que sont l’environnement, le social et l’économie.

Moirat (Yellogarden) a d’abord souligné l’importance de la reconstruction du lien entre l’homme et la nature. Yellogarden travaille en effet à la conception et la réalisation de jardins en milieux professionnels et à l’accompagnement des utilisateurs de ce jardin grâce à des fiches pratiques et des ateliers (Orly-Rungis, Biospringer à Maisons-Alfort, ICADE, EDF). Ensuite, L. Perrin a décrit le rôle de Phenix dans la réduction du gaspillage, alors qu’un tiers de la nourriture produite pour les humains est jetée à la poubelle, Phenix recycle l’équivalent CO2 de 2 aller-retours Paris-Lisbonne en avion. Mme Perrin a aussi mis en avant les valeurs de cohésion sociale de la start-up qui participe aussi à divers événements (Ecole d’art, agriculture urbaine). Le co-fondateur de Koom (rêve en coréen), J. Lhote a montré que la psychologie sociale pouvait pousser au crowd-acting : si mes salariés s’engagent, alors je m’engage, si mes collègues s’engagent dans des actions alors je pourrais moi aussi m’engager ! Ainsi, le site internet de Koom permet de recenser ces actions en cours. Finalement, B. Rousseau et B. Leblan ont présenté CitizenFarm et l’aquaponie, mettant en avant les problématiques de la nutrition d’une population mondiale croissante et des prix de l’alimentation ne reflétant pas toutes les externalités. Après avoir mis en vente son Ozarium, CitizenFarm s’est donc consacrée au développement de systèmes intégrés où se côtoient agriculture et pisciculture (ferme urbaine à la Recyclerie).

Au cours des présentations et d’une séance de questions-réponses grâce auxquelles ont pu échanger intervenants, organisateurs et public, les thèmes du financement et de la rentabilité économique d’une start-up, du rôle de l’entreprise et des associations dans le développement durable et de l’impact de ses actions ont donc été abordés :

Plusieurs ont souligné la difficulté pour les entrepreneurs à se financer au début du projet. Le « love money » (l’argent provenant des familles et amis) et les fonds propres sont la source majeure de financement, tout comme les concours et les subventions (bien qu’une réserve fut émise par l’un des intervenants : il ne faut en aucun cas modifier son projet afin de récolter ces subventions car elles peuvent ralentir la croissance et l’accomplissement de son business plan originel). Plusieurs intervenants ont aussi mentionné le RSA et les allocations chômage pour ceux ayant travaillé auparavant afin de subsister à ses besoins en attendant de pouvoir se verser un salaire. Les incubateurs de start-ups (comme ceux des grands groupes) sont aussi un moyen de grandir et augmenter son chiffre d’affaires, certaines start-ups sont aussi soumises aux défis de l’évangélisation d’un marché auparavant inexistant.

Questionnés sur l’impact éthique de leur projet, les jeunes entrepreneurs ont répété les difficultés à quantifier celui-ci : s’il est vrai que de plus en plus de collectivités territoriales et de citoyens s’engagent de manière authentique, qu’en est-il des entreprises : certaines y gagnent peut-être des réductions d’impôts ou une meilleure image, mais faut-il laisser de côté cet engagement sous prétexte qu’il est motivé par d’autres raisons ? Ainsi, il est difficile de déceler un intérêt supérieur plutôt qu’un autre, un indicateur objectif permettant d’intégrer convaincus, convertis et réticents est donc souhaitable afin de mesurer l’impact réel. De même, questionnés sur la possible concurrence avec les associations, les intervenants ont répété effectuer un travail synergique avec celles-ci mais ils ont aussi parlé des limites budgétaires des subventions étatiques dont disposent les associations. Les invités ont accentué le côté pérenne de l’entrepreneuriat face aux baisses des subventions ainsi que l’importance du partage des valeurs du développement durable, qui est à la base de la création de ces entreprises.

Sciences Po Environnement remercie donc chaleureusement les quatre start-ups et intervenants ayant répondu présents pour cette conférence : CitizenFarm, Koom, Phenix et Yellogarden, ainsi que tous les participants.

Nous rappelons également que Koom et Phenix avaient proposé des offres de stages pouvant convenir à des élèves de Sciences Po intéressés par le développement durable. Nous vous donnons rendez-vous très vite pour d’autres conférences, ateliers et rencontres liés au développement durable !

 

Camille Monvoisin, Sciences Po Environnement

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